Un tunnel est un ouvrage stratégique fermé ou semi-fermé, souvent avec un seul tube ou une section à circulation bidirectionnelle. Les tunnels sont très sensibles face au risque d'incendie car la fumée, les gaz toxiques et la chaleur ont peu de chemin pour s’échapper en cas de départ de feu. Le risque est aussi important pour les usagers (visibilité réduite, évacuation difficile...) que pour les secours. Un défaut mécanique (frein, roulement ou moteur) ou un accident sont aussi des risques d’incendie dans un tunnel : la situation évolue plus vite dans un lieu confiné qu’en plein air (augmentation rapide des températures, blocage des évacuations, intoxication…).
Malgré que les sinistres restent rares dans les tunnels, le rapport de la PIARC évoque que dans certains tunnels très fréquentés et très longs, il y a eu jusqu’à un incendie par mois. C’est pourquoi les exploitants doivent prendre au sérieux le risque d’incendie, l’anticiper et prévoir les aménagements pour protéger les ouvrages et les utilisateurs et ainsi éviter les conséquences dramatiques :
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pertes humaines
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pertes économiques : fermeture du tunnel, coûts de réparation, détours du trafic...
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perte au niveau de l'image/notoriété
Quelques exemples d’incendies dans des tunnels :
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Feu dans tunnel du Mont Blanc (24 mars 1999) : un camion réfrigéré transportant margarine et farine prend feu et fera 39 morts.
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Feu dans tunnel du Gotthard Road Tunnel (Suisse) en octobre 2001 : collision de deux camions, feu intense, plusieurs victimes.
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Incident dans tunnel de Gudvanga Tunnel (Norvège) le 30 mars 2019 : un poids-lourd prend feu dans un tunnel de 11,4 km. Il n’y a pas eu de décès mais les usagers ont été exposés à la fumée pendant ≈ 22 minutes à cause d’une évacuation compliquée.
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1. Le cadre réglementaire en France et en Europe
Différents textes réglementaires existent en France et en Europe selon le type d'ouvrage.
a) Tunnels routiers
Au niveau européen, la Directive 2004/54/CE (« Minimum safety requirements for tunnels in the trans-European road network ») fixe les exigences minimales pour les tunnels routiers faisant partie du réseau transeuropéen. L’arrêté du 8 novembre 2006 fixe les exigences de sécurité minimales applicables aux tunnels routiers de plus de 500 m sur le réseau transeuropéen.
- l'article L121-16 du Code de la Construction et de l'habitation
- l'arrêté du 24 juin 2011 relatif aux dispositions particulières de sécurité des tunnels routiers
- la Circulaire interministérielle n°2006-20 (remplaçant la circulaire n° 2000‑63 du 25 août 2000), relative à la sécurité dans les tunnels du réseau routier national de plus de 300 m
- le décret n° 2016‑38 du 22 janvier 2016 : relatif à la Commission nationale d’évaluation de la sécurité des ouvrages routiers (CNESOR)
- l'instruction technique relative aux dispositions de sécurité (IT 2000) qui est un référentiel technique pour tunnels neufs de l’État (pour des longueurs de plus de 300m)
- l'arrêté du 24 juin 2005 (et ses compléments) étend la réglementation aux tunnels sur voies départementales et communales.
Pour en savoir plus, consultez le site du Centre d'Etudes des Tunnels.
b) Tunnels ferroviaires
Pour les tunnels ferroviaires renouvelés ou neufs, la TSI Safety in Railway Tunnels (Commission Regulation (EU) N° 1303/2014) est appliquée dans l’Union européenne, du 18/11/2014.
En France, c'est l'Instruction technique interministérielle n°98-300 du 8 juillet 1998 (ITI 98-300) relative à la sécurité dans les tunnels ferroviaires.
c) Tunnels transport en commun
En France, l'instruction technique annexée à l’arrêté du 22 novembre 2005 (IT-STPG) régit la sécurité dans les tunnels des systèmes de transport public guidés urbains de personnes.
Ces textes imposent, notamment, des exigences d’évacuation, de ventilation, de détection incendie, de matériaux résistants, etc.
2. Prévention et protection incendie dans les tunnels
Pour pallier au risque d'incendie dans les tunnels (températures élevées, fumées, gaz toxiques, visibilité réduite, évacuation difficile...), plusieurs mesures peuvent être mises en place :
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Privilégier des conceptions qui limitent la propagation du feu : compartimentages (porte coupe-feu, rideau coupe-feu), revêtements ignifugés ou revêtements résistants au feu, ventilation adéquate.
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Installer des systèmes de détection et d'extinction d'incendie performants (détecteurs automatiques, sprinklers, extincteurs) et des systèmes de communication et d'alerte.
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Prévoir des voies d'évacuation et des refuges permettant aux personnes de se mettre en sécurité rapidement.
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Mettre en place des plans d'intervention définissant les procédures à suivre en cas d'incendie.
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Former régulièrement le personnel à la sécurité incendie.
Selon le type de tunnel, des spécificités particulières sont à prendre en compte :
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Tunnel routier : inclut la circulation de véhicules, parfois matières dangereuses, longueur seuils (> 500 m) pour déclencher certaines obligations.
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Tunnel ferroviaire : exigences de la TSI, matériaux, évacuation, longueur > 1 km.
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Tunnel urbain / métro : besoin accentué de ventilation, évacuation rapide, …
Les objectifs de la sécurité incendie dans les tunnels sont d'assurer la sécurité des usagers et des services de secours pendant l'évacuation, et protéger au maximum les ouvrages proches.
Ces objectifs se traduisent par différents aspects du comportement au feu :
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La réaction au feu d’un matériau est sa capacité à prendre part (ou à ne pas prendre part) à un feu auquel il est exposé, y compris par sa propre combustion; elle caractérise la propension d’un matériau à s’enflammer et à contribuer au développement du feu par production de chaleur ou de fumée;
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Pour les équipements électromécaniques, il faut ajouter le fonctionnement à la chaleur selon des caractéristiques nominales et dégradées (il est à noter que ce dernier point relève de la résistance au feu, mais qu’il est distingué de la résistance au feu des structures pour la clarté de l’exposé).
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La résistance au feu d’un élément de structure est sa capacité à conserver son rôle malgré le développement du feu; ce rôle comprend une ou plusieurs des fonctions suivantes: capacité à porter une charge, étanchéité (pour éviter la transmission de flammes et de gaz chauds à travers l’élément de structure), isolation (pour éviter la transmission de la chaleur). Quatre niveaux de résistance au feu sont fixés par l'IT (voir tableau ci-contre).
En savoir plus sur le classement au feu et la résistance au feu des matériaux.
3. Mise en oeuvre, exploitation et maintenance
Le maître d'ouvrage est responsable de la sécurité des tunnels à la construction et le préfet a le pouvoir de suspendre l’exploitation s’il constate d’une non-conformité. Des plans d’intervention, de formation du personnel et de maintenance des équipements sont à prévoir pour la bonne tenue des exploitations.
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La réglementation incendie dans les tunnels est un enjeu majeur à prendre en compte par les constructeurs afin de mettre en place les mesures actives et passives.
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